{"id":485,"date":"2023-02-07T19:33:55","date_gmt":"2023-02-07T18:33:55","guid":{"rendered":"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=485"},"modified":"2023-02-10T17:02:59","modified_gmt":"2023-02-10T16:02:59","slug":"de-corpore-intentions","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=485","title":{"rendered":"De Corpore &#8211; Intentions"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-a52671cf wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-f98b228d wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"padding-top:var(--wp--preset--spacing--20);padding-right:var(--wp--preset--spacing--20);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);padding-left:var(--wp--preset--spacing--20)\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\"><strong>Nous cr\u00e9ons les objets, le matin, en ouvrant les fen\u00eatres \u00e0 la lumi\u00e8re du soleil. Nous les supprimons, le soir, en \u00e9teignant la lampe de notre chambre. Le jour, l&rsquo;objet est l\u00e0 et on peut le voir, le toucher, le mesurer. La nuit, l&rsquo;objet n&rsquo;est plus l\u00e0 du tout, il est annul\u00e9&#8230; D&rsquo;habitude, tout ce qui n&rsquo;est pas humain dispara\u00eet passivement, je dirais presque avec r\u00e9signation. Il n&rsquo;y a que l&rsquo;homme, parmi tous les objets, qui d\u00e9sire dispara\u00eetre, qui a la volont\u00e9 de s&rsquo;annuler et de n&rsquo;\u00eatre plus. Cela, l&rsquo;homme le fait tous les soirs, en se couchant. Il dispara\u00eet avant tout dans le noir de sa chambre et, ensuite, d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;endort, dans les t\u00e9n\u00e8bres de sa conscience.&nbsp;<\/strong>Alberto Moravia dans \u00abClaudia Cardinale \u00bb (Flammarion)<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Avec cette nouvelle cr\u00e9ation, j&rsquo;ai souhait\u00e9 porter mon attention sur le corps. Le corps consid\u00e9r\u00e9 comme un objet. Un objet qui appara\u00eet dans un espace, affirme sa pr\u00e9sence et finit, t\u00f4t ou tard, par dispara\u00eetre. Un objet dot\u00e9 de formes particuli\u00e8res, de dimensions, de couleurs, de volumes.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">L\u2019une de mes sources de r\u00e9flexion pour ce spectacle a \u00e9t\u00e9 l\u2019interview de Claudia Cardinale r\u00e9alis\u00e9e en 1961 par Alberto Moravia. Dans cette interview atypique, le grand penseur italien d\u00e9contenance la jeune actrice en cherchant, avec obstination, \u00e0 ne la d\u00e9crire et \u00e0 ne la saisir qu\u2019en tant qu\u2019objet, telle une table, une chaise. Loin des interviews habituelles, Moravia s\u2019emploie \u00e0 r\u00e9aliser une interview ph\u00e9nom\u00e9nologique. Il y suppose, tout comme je cherche \u00e0 le faire avec ce nouveau projet, que le corps est ce qu\u2019il est et qu\u2019il n\u2019y a rien d\u2019autre que le corps, dans la mesure o\u00f9 le corps est une forme dans laquelle il y a tout et il n\u2019y a rien en dehors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Dans cette interview, Moravia affirme \u00e9galement que le sommeil abolit notre corps, qu\u2019il l\u2019an\u00e9antit. En nous endormant, nous nous effacerions au point de ne plus exister, ou, tout au moins, au point de n\u2019\u00eatre plus que quelque chose d\u2019informe, d\u2019impersonnel, de collectif. De jour, le corps serait ce qu\u2019il est. De nuit, il ne serait tout simplement plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Mais entre ces deux \u00e9tats, il doit bien y avoir un seuil, un entre. Un instant o\u00f9 le corps vacille, tremble, o\u00f9 il est pris de vertige et s\u2019\u00e9vanouit. De Corpore cherche ainsi \u00e0 appr\u00e9hender le corps dans ses aspects les plus tangibles, les plus mat\u00e9riels, mais \u00e9galement dans ses dimensions les plus brumeuses, les plus volatiles, les plus incertaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Ce projet s\u2019emploie \u00e0 scruter ces petits instants o\u00f9 l\u2019homme se voit contraint de l\u00e2cher le contr\u00f4le qu\u2019il exerce sur son corps, ce dernier manifestant alors des dispositions inattendues. En marquant th\u00e9\u00e2tralement ses apparitions, ses mutations, ses disparitions, on peut envisager le corps humain sous un jour diff\u00e9rent et, peut-\u00eatre, mieux le questionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">L\u2019impulsion premi\u00e8re de ce projet a \u00e9t\u00e9, il y a deux ans, l\u2019incitation, par le com\u00e9dien et pianiste Daniele Pintaudi, \u00e0 r\u00e9\u00e9couter les vingt-quatre pr\u00e9ludes opus 28 de Chopin pour piano. On peut, a priori, s\u2019\u00e9tonner que ces pr\u00e9ludes romantiques conduisent \u00e0 imaginer un spectacle tout entier consacr\u00e9 au corps. Souvent associ\u00e9s, \u00e0 tort, \u00e0 une int\u00e9riorit\u00e9 d\u00e9sincarn\u00e9e, \u00e0 un temp\u00e9rament propre aux jeunes filles pensives et diaphanes, ces pr\u00e9ludes incarnent, au contraire, par l\u2019engagement physique qu\u2019ils exigent de l\u2019interpr\u00e8te, les impulsions et les soubresauts du corps. L\u2019ex\u00e9cution de certaines de ces pi\u00e8ces emm\u00e8ne l\u2019interpr\u00e8te jusqu\u2019aux limites physiques du possible et ceci malgr\u00e9 leur extr\u00eame bri\u00e8vet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Et \u00e0 leur \u00e9coute, on pense \u00e9galement \u00e0 ce voyage que George Sand et Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin entreprirent en 1838, cet Hiver \u00e0 Majorque au cours duquel le compositeur imagina ces fameux pr\u00e9ludes. Ce s\u00e9jour, contrairement \u00e0 leurs attentes, mis \u00e0 rude \u00e9preuve le corps et l\u2019instrument du c\u00e9l\u00e8bre musicien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Les fondements de ce projet reposent sur des bases plus po\u00e9tiques que narratives et, comme lors de mes pr\u00e9c\u00e9dentes cr\u00e9ations, De Corpore offre une large place au son et \u00e0 la musique : composition \u00e9lectroacoustique, piano, chant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">G\u00e9rard Burger, avec qui je collabore pour la quatri\u00e8me fois, a imagin\u00e9 pour ce nouveau projet une composition \u00e9lectroacoustique qui constitue la charpente m\u00eame du projet. Des sons qui se d\u00e9construisent et se reconstruisent, laissant parfois surgir des fragments des pr\u00e9ludes de Chopin, soustraits au r\u00e9cital classique, que le public red\u00e9couvre dans un environnement inhabituel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Dans ce spectacle sur le corps, les voix se font rares, mais elles ne sont, pour autant, pas totalement absentes. Des fragments de chants et de textes viennent s\u2019ins\u00e9rer ici o\u00f9 l\u00e0 pour dire le corps \u00e9branl\u00e9 par les lois de la nature, la maladie, ou l\u2019amour. Des extraits de Dosto\u00efevski, Pierre Lou\u00ffs, John Giorno, ou encore George Sand.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous cr\u00e9ons les objets, le matin, en ouvrant les fen\u00eatres \u00e0 la lumi\u00e8re du soleil. Nous les supprimons, le soir, en \u00e9teignant la lampe de notre chambre. Le jour, l&rsquo;objet est l\u00e0 et on peut le voir, le toucher, le mesurer. La nuit, l&rsquo;objet n&rsquo;est plus l\u00e0 du tout, il est annul\u00e9&#8230; D&rsquo;habitude, tout ce &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=485\"> <span class=\"screen-reader-text\">De Corpore &#8211; Intentions<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"class_list":["post-485","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/485","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=485"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/485\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":714,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/485\/revisions\/714"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=485"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}