{"id":603,"date":"2023-02-10T14:27:18","date_gmt":"2023-02-10T13:27:18","guid":{"rendered":"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=603"},"modified":"2023-02-10T14:32:41","modified_gmt":"2023-02-10T13:32:41","slug":"outrages-ordinaires-intentions","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=603","title":{"rendered":"Outrages ordinaires &#8211; Intentions"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-a52671cf wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-f98b228d wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"padding-top:var(--wp--preset--spacing--20);padding-right:var(--wp--preset--spacing--20);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);padding-left:var(--wp--preset--spacing--20)\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"inherit-container-width wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\"><strong>&#8230;la derni\u00e8re \u00e9preuve, je me disais, c\u2019est la derni\u00e8re, coudre le r\u00e9cit pour qu\u2019il entre dans vos fronti\u00e8res, les mains enterr\u00e9es, de terre morte, prises, sans souffle, le devenir v\u00e9g\u00e9tal, je me pisse dessus, dessus, moi le h\u00e9ros, celui de toutes les \u00e9preuves, celui qui sillonnant d\u00e9sert, fleuve, mer, hommes d\u00e9couvrit dans le petit matin les \u00e9changeurs et les m\u00e9tros et les flux, les salades p\u00e9rim\u00e9es, les ponts et les caves, battre le tambour pour sauver vos vieilles \u00e2mes qui s\u2019accrochent \u00e0 vos bus, \u00e0 vos maisons, pour d\u00e9peupler vos t\u00eates de toutes leurs anciennes vies, je ne le ferai pas, je bois l\u2019eau des rivi\u00e8res, je suis moi, moi, moi, rien, je flotte au dessus de vous, je sais plus de toi que tu n\u2019en sais toi-m\u00eame, deux sucres dans ton caf\u00e9, le plis de ton pantalon, moi qui \u00e9tait hondurienne, moi qui \u00e9tait gentille, moi qui \u00e9tait malienne, moi qui \u00e9tait sage, moi qui \u00e9tait respectueuse, je suis la bataille encha\u00een\u00e9e \u00e0 la rage&#8230;<\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Julie Gilbert, \u00e9crivain, a pass\u00e9 plusieurs mois au Th\u00e9\u00e2tre du Gr\u00fctli de Gen\u00e8ve isol\u00e9e dans une bo\u00eete. Une bo\u00eete d&rsquo;\u00e9criture au creux de laquelle elle a compos\u00e9 une longue pri\u00e8re pa\u00efenne en hommage aux migrants clandestins : ces femmes et ces hommes qui d&rsquo;ici \u00e0 l\u00e0- bas, de mexico \u00e0 lagos, de gao \u00e0 kidal, d&rsquo;agades \u00e0 tijuana, de nouadhibou \u00e0 monterrey sont les esclaves d&rsquo;une hypermondialisation aux \u00e9lans toujours plus aveugles et d\u00e9vastateurs; ces femmes et ces hommes qui, pour survivre, n&rsquo;ont d&rsquo;autres choix que de frapper aux portes de nos fronti\u00e8res; ces femmes et ces hommes qui ne pourront cesser d&rsquo;affluer, encore et toujours, nous rappelant, bien malgr\u00e9 eux, \u00e0 l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 de nos syst\u00e8mes pr\u00e9tendument d\u00e9mocratiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Apr\u00e8s le travail d&rsquo;\u00e9criture, il fallait donner corps \u00e0 ce texte et Julie Gilbert nous a invit\u00e9s, Fr\u00e9d\u00e9ric Choffat et moi-m\u00eame, \u00e0 imaginer un spectacle \u00e0 la crois\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre et du cin\u00e9ma. Nous avons dress\u00e9 une longue table blanche, vierge de toute denr\u00e9e, et plac\u00e9 \u00e0 chacune de ses extr\u00e9mit\u00e9s un \u00e9cran blanc, vaste et vaporeux. Cette ode contemporaine pouvait alors se d\u00e9rouler le long de cette autoroute de la parole et se d\u00e9ployer sur ces voiles fantomatiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-3 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">\u00c0 l&rsquo;image des ap\u00f4tres, les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 prendre place autour de cette table, o\u00f9 les attendent deux com\u00e9diennes, Elodie Bordas et Julia Perazzini, et l\u2019auteur. Apr\u00e8s un premier texte d\u00e9clencheur lanc\u00e9 par l&rsquo;auteur, les visages des com\u00e9diennes apparaissent sur les \u00e9crans. Ces gigantesques pr\u00e9sences s&rsquo;engagent dans de longs plans-s\u00e9quences, passent d&rsquo;un \u00e9cran \u00e0 l&rsquo;autre et nous transmettent ce chant de rage et d&rsquo;impuissance. Sans jamais chercher \u00e0 incarner des personnages, les interpr\u00e8tes s&rsquo;appuient sur la rythmique tr\u00e8s singuli\u00e8re de l&rsquo;\u00e9criture pour transmettre ce flux continu toujours \u00e0 la limite de la rupture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-4 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Cern\u00e9 par ces imposantes figures, le public en oublie les com\u00e9diennes, pourtant attabl\u00e9es avec eux, mais soudain celles-ci \u00e9mergent de la masse des spectateurs pour reprendre le flambeau de la parole qu&rsquo;elles avaient jusqu&rsquo;ici confi\u00e9e \u00e0 leur double virtuel. Naviguant autour des spectateurs, leurs pr\u00e9sences de chair et d\u2019os nous questionnent tr\u00e8s directement, nous confrontant \u00e0 notre mat\u00e9rialit\u00e9 occidentale, \u00e0 notre impuissance face \u00e0 cet \u00ab\u00a0ordre\u00a0\u00bb mondial : Vous vous sentez comment ? Je veux dire comment vous vous sentez ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Les parties sc\u00e9niques et les parties filmiques s&rsquo;enchev\u00eatrent d\u00e9sormais et un troisi\u00e8me acteur, Vincent Bonillo, appara\u00eet tout \u00e0 coup \u00e0 l&rsquo;image, figurant un \u00e9crivain qui semble avoir pour seule r\u00e9ponse \u00e0 ces tragiques destins que son travail et son cynisme. Avec lui surgit l&rsquo;\u00e9bauche d&rsquo;une intrigue, nous poussant \u00e0 explorer cette fronti\u00e8re, trouble et mouvante, entre dimension po\u00e9tique et dimension narrative. Et c&rsquo;est l\u00e0 tout l&rsquo;enjeu d&rsquo;un texte pens\u00e9 pour la sc\u00e8ne mais dont l&rsquo;\u00e9criture s&rsquo;aventure bien loin des chemins habituels du th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9pliques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-white-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6 wp-block-paragraph\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--60);margin-right:var(--wp--preset--spacing--60);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--60);margin-left:var(--wp--preset--spacing--60);padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0\">Ce spectacle invite constamment le spectateur \u00e0 s&rsquo;interroger sur l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de fronti\u00e8re, que ce soit celle qui s\u00e9pare les pays, qui s\u00e9pare les \u00eatres, mais \u00e9galement celle qui devrait distinguer le vrai du faux, le th\u00e9\u00e2tre du cin\u00e9ma, le r\u00e9cit du chant&#8230; Car c\u2019est, peut- \u00eatre, dans l&rsquo;entre-deux que tout se joue, dans les zones ind\u00e9finies, sources de tous les possibles.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8230;la derni\u00e8re \u00e9preuve, je me disais, c\u2019est la derni\u00e8re, coudre le r\u00e9cit pour qu\u2019il entre dans vos fronti\u00e8res, les mains enterr\u00e9es, de terre morte, prises, sans souffle, le devenir v\u00e9g\u00e9tal, je me pisse dessus, dessus, moi le h\u00e9ros, celui de toutes les \u00e9preuves, celui qui sillonnant d\u00e9sert, fleuve, mer, hommes d\u00e9couvrit dans le petit matin &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/fabricehuggler.com\/?page_id=603\"> <span class=\"screen-reader-text\">Outrages ordinaires &#8211; Intentions<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"class_list":["post-603","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/603","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=603"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/603\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":607,"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/603\/revisions\/607"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fabricehuggler.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=603"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}